LE CHÂTEAU D’OLBREUSE

Château d'Olbreuse 1

Olbreuse vit depuis la fin du Moyen Age.

 

 

Il est propriété des seigneurs d’Olbreuse, vassaux de ceux de Mauzé.

A ce moment, le château est de forme ordinaire, rectangulaire :

-         Le corps de logis occupe toute la façade Est,

-         Les murs de courtine protègent le château.

-         La circulation sur les murs donne accès aux 4 tours d’angle par des portes occupées maintenant par des fenêtres d’étage.

Une moitié du corps de logis et deux tours ont disparu, nous en reparlerons tout à l’heure.

L’emplacement du mur de courtine frontal est ici figuré par l’alignement de rosiers.

C’est pour avoir combattu aux côtés de Jean le Bon, à la bataille de Poitiers (en réalité bataille de Vouillé) qu’Alexandre Desmier d’Olbreuse a reçu dans son blason les fleurs de lys, celui-ci est désormais écartelé d’azur et d’argent à 4 fleurs de lys de l’un à l’autre.

Parmi vous, certains ont pu se rendre compte qu’il n’est pas aisé d’arriver au château :

La route qui relie la route de Mauzé au château n’existait pas, même si on en voyait les tours d’assez loin, accéder au village ne signifiait pas arriver au château : il semblerait que la situation excentrée du château par rapport au village ait été voulue, non pas pour lui permettre de se défendre contre des armées, mais pour égarer des bandes de rôdeurs et mettre à l’abri des murs les villageois en cas d’attaque de pillards.

 

 Jusqu’au 17è siècle compris.

 

 Le château n’a pas d’étage, c’est une demeure modeste, à toiture peu pentue, couverte de tuile canal (dite encore tuile romane), les greniers communiquent entre eux par des portes cintrées ( traces sur le  mur de côté du logis). Les ouvertures y sont étroites.

C’est dans ce château que naît et grandit Eléonore d’Olbreuse ( 1639) avec 2 frères et 1 sœur d’un premier lit, puis deux autres frères du remariage de son père (sa mère, Jacqueline Poussard de Vandré, est morte pendant sa petite enfance, son père s’est remarié avec Jeanne Revanger du Beugnon ).

-         Sa famille est huguenote depuis près de 2 siècles,

-         Son éducation, rigoureuse, fort bonne, l’amène à devenir une des dames de compagnie de la duchesse de la Trémouille ( Thouars ), puis de sa belle-fille, la Princesse de Tarente,

-         Eléonore suit la famille de Thouars en  Provinces Unies ( Hollande ),  et y fait la connaissance du duc de Brunswick dont elle devient d’abord l’épouse morganatique (1666)avant d’en devenir l’épouse officielle et donc la duchesse de Brunswick

-         Son père est décédé, ce sont les dragonnades , avant 1690, tous ses frères et sœur décèdent, sans héritiers, le château qu’elle protège et dont elle finance l’entretien est alors géré par un cousin : de Gagemont.

Depuis le duché de Brunswick, Eléonore protège les huguenots locaux autant qu’elle le peut, envoie de l’argent, aide son frère à accueillir et protéger Jean Migault et sa famille, parce qu’elle est l’épouse d’un prince d’empire, le roi de France épargne pour un temps le temple de Mauzé, il voit en elle, à juste titre, une ambassadrice de France.

-         En 1702, le roi de France, Louis XIV, le fait mettre sous séquestre : il espère ainsi faire pression sur la Maison de Brunswick et celle de Hanovre dans sa politique anti-française, il espère également obtenir d’Eléonore qu’elle cesse d’aider et de protéger les Huguenots d’ici.

-         La propriété est rendue à Madame d’Olbreuse en 1709.

-         La propriété passe à la fille d’Eléonore en 1722, à la mort d’Eléonore :

 Sophie-Dorothée, est mariée à son cousin germain, elle est mère de 2 enfants, elle est déjà enfermée à vie dans le petit château d’Aldhen, à la suite d’un procès en trahison mené par son mari devenu Georges 1er, roi d’Angleterre).

 

Après la mort de Sophie-Dorothée.

 

Ses deux enfants, devenus propriétaires d’Olbreuse, cèdent le château à des cousins : les Prévot de Gagemont ( 1729).

 

Durant ce 18è siècle.

 

 La famille de Gagemont modernise le château :

-         le mur de courtine frontal est supprimé,

-         l’aile perpendiculaire au corps de logis est édifiée

-         l’étage du corps de logis est installé, la toiture rehaussée, toujours couverte de tuiles (les 2 girouettes des tours sont de cette époque)

-         les fenêtres du logis central sont agrandies.

 Les fenêtres sont équipées de petits carreaux pour plusieurs raisons : verres fins donc fragiles, mieux vaut des petites surfaces, coûts de remplacement moindres en cas de casse.

On ne sait pas exactement à quel moment le corps de logis a été amputé de sa moitié, probablement au cours du 18è, lors d’un incendie. Il n’a jamais été restitué dans son entier.

 

A la fin du 19è siècle,

 

Le Baron d’Olbreuse décide de travaux importants.

-         Il fait construire l’étage de l’aile et remplace la toiture traditionnelle par une autre plus pentue, couverte en zinc, c’est la mode du moment.

-         La tour SE est abattue, elle était en ruines. ( des fouilles des années 70 ont permis de la situer avec certitude )

 

Le 20è siècle

 

Est synonyme de délaissement pour le château, surtout à cause de manque d’argent.

-         Pendant la 1ère guerre mondiale, le château devient infirmerie de l’arrière.

-         Durant la guerre de 1939/1945, il est occupé par des officiers allemands.

Ils le délestent de certains objets, en particuliers des tableaux d’Eléonore d’Olbreuse et de sa fille Sophie-Dorothée qui seront entreposés dans les sous-sol de la préfecture et laissés là, au moment de leur départ précipité, ces mêmes tableaux seront vendus dans une vente aux enchères, après la guerre et deviendront alors propriété d’un collectionneur de Parthenay, ils le sont toujours.

-         En 1950,Melle Noémie Desmier d’Olbreuse, âgée et désargentée, lègue le château à ses nièces.

-         L’une d’elle : Christiane Desmier d’Olbreuse et son mari : Félix Maingueneau en achètent la totalité et décident de le réhabiliter à partir de 1967.

-         Ils  restituent les toitures dans leur forme initiale : peu pentues, couvertes en tuiles canal.

-         L’ensemble des murs est consolidé, rejointoyé ou enduit,

-         La tour NO est totalement rechapeautée.

-         Le puits, de 30m de profondeur, dont le dôme à l’impérial du 16è ou 17è avait disparu, est aussi réhabilité.

Le puits n’apparaît pas sur le cadastre napoléonien, le seul puits figuré du château est derrière le mur nord

-         Les toitures des communs et les huisseries sont remises en état.

-         Une auberge et deux appartements y sont créés.

Monsieur et Madame Maingueneau ont investi leur fortune dans cette propriété, ils la cèdent à la fin de leur vie à un nouveau propriétaire et eux s’installent dans une petite maison d’Usseau.

 

Olbreuse cesse à partir de ce moment d’être dans la famille d’Olbreuse.

Les actuels propriétaires sont les De Réals,

 

À Zell, ville proche de Hanovre en Allemagne, Madame d’Olbreuse est profondément respectée et célébrée :

-         Pour ses qualités d’épouse et d’ambassadrice,

-         Pour avoir apporté en Allemagne la culture à la française, ainsi que le reconnaissait déjà Voltaire.

-         Pour sa droiture, son engagement, et sa fidélité à ses idées.

 

C’est ainsi que « le Petit tas de boue », la « bergère du Poitou », ainsi que l’appelaient la Palatine et la Maintenon, sa petite cousine, devint Grand-mère de l’Europe !

 

On la dit l’une des Grand-mères de l’Europe car sa fille était reine d’Angleterre, épouse malheureuse et jamais vue en Angleterre de Georges 1er (fils de Sophie Stuart et Ernest Auguste de Hanovre).

Ses deux petits-enfants sont Georges II, roi d’Angleterre et Sophie Dorothée, devenue par son mariage reine de Prusse. Leur descendance constitue l’ensemble des têtes couronnées d’Europe.(Voir la généalogie d’Éléonore)

 



Répondre

cartes postales du morbihan |
Thierry BARRANCO |
lelampiste |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | un petit bout de toile
| Enseigner l'Histoire et la ...
| histgeo4emelaprovidence